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Rocade de Gap : quelle rocade voulons-nous en 2026 ?

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Mobilités

Évoquée depuis plus d'un demi-siècle, la rocade de Gap arrive à un moment décisif avec le tronçon Sud. L'enquête publique est ouverte jusqu'au 9 octobre : c'est le moment de se poser les bonnes questions.

On parle de la rocade de Gap depuis si longtemps qu'on finit parfois par oublier de quoi il s'agit exactement. Faisons le point.

Un vrai problème de circulation

Gap a un problème de circulation, et personne ne peut le nier. Plus de 115 000 mouvements de véhicules sont comptabilisés chaque jour dans l'agglomération. Il y a du trafic de transit, mais aussi énormément de déplacements qui entrent dans Gap, en sortent ou se font à l'intérieur de la ville.

Détourner une partie de ce trafic du centre-ville, en particulier les poids lourds, est donc utile : pour la circulation, pour la sécurité et pour la qualité de l'air. Ce principe n'a pas lieu d'être remis en cause.

Un projet né dans les années 70

La rocade apparaît au plan d'occupation des sols en 1974. À l'époque, on imaginait une véritable autoroute urbaine, à deux fois deux voies, et même deux fois trois voies par endroits. C'était il y a plus de cinquante ans.

Depuis, Gap a grandi. Des quartiers, des lotissements et des entreprises se sont installés là où vivaient beaucoup moins de monde. Le projet a évolué lui aussi, heureusement, mais la ville de 2026 n'est plus celle de 1974. Il faut garder cette réalité en tête avant de poursuivre un projet de cette ampleur.

Le tronçon Sud : le bon tracé ?

La question se pose aujourd'hui pour le tronçon Sud, long de 2,4 kilomètres entre le rond-point du Sénateur et la route de Marseille. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, plusieurs options existaient. Trois tracés ont été étudiés :

  • un premier reprenant davantage la route des Eyssagnières telle qu'elle existe aujourd'hui ;
  • un deuxième suivant l'ancien emplacement réservé ;
  • un troisième, intermédiaire, avec des portions de route nouvelle, finalement retenu.

Est-ce encore le bon choix ? On doit pouvoir poser la question. Des habitants vivent désormais à proximité immédiate du tracé. Le bruit, les accès aux habitations, les cheminements piétons, la sécurité et bien sûr l'environnement sont en jeu. Les inquiétudes exprimées lors de la réunion publique méritent d'être entendues.

Cela ne signifie pas qu'il faut tout arrêter, mais qu'avant de construire, on s'assure que la solution retenue est bien la meilleure.

Une facture qui s'alourdit

Reste la question du coût. Le tronçon Sud est aujourd'hui estimé à 28,3 millions d'euros. Pour le tronçon central, le maire vient d'annoncer que le coût dépasserait désormais les 80 millions d'euros. Et il restera encore le tronçon Nord.

Mis bout à bout, la rocade de Gap pourrait avoisiner, voire dépasser, les 150 millions d'euros à son achèvement, tous financeurs confondus. Ce sont des sommes considérables, et c'est de l'argent public, celui du contribuable. À ce niveau, examiner précisément chaque choix et chaque alternative n'est pas une perte de temps : c'est une responsabilité.

Les vraies questions

Le débat n'est pas d'être pour ou contre la rocade. Il est de savoir quelle rocade nous voulons en 2026 :

  • Quel tracé ?
  • Quelles protections pour les riverains ?
  • À quel prix ?
  • Dans quel ordre ? Le Sud doit-il forcément passer avant le Nord ?
  • A-t-on suffisamment étudié ce que permettrait l'aménagement de la voirie existante ?

Un projet pensé il y a cinquante ans mérite qu'on vérifie qu'il apporte aujourd'hui la bonne réponse à la ville qu'est devenue Gap.

Participez à l'enquête publique

L'enquête publique est ouverte jusqu'au 9 octobre. Consultez le projet, forgez-vous un avis, posez vos questions et surtout, participez.